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16 Avril 2020

Quelques brèves de balcon pour commencer (mon studio est au 2°étage juste au-dessus de l’entrée de l’immeuble, donc je suis aux premières loges quand certains viennent en griller une au soleil ou papoter sur les banc…) ! C’est fou ce que la France regorge de spécialistes qui savent ce qu’il faut faire, ce qu’il aurait fallu faire, ce qu’il faudra faire…

« Sale journée, il va pleuvoir ! »

Weather flat

Là, ça m’épate, car combien avons-nous eu de belles journées depuis le début du confinement ? 26, 27 sur 30 au bas mot ? Et de se désoler dans l’attente d’averses annoncées, pourtant attendues avec espoir par Dame Nature ! Une façon très efficace de se pourrir TOUT SEUL le moment ensoleillé d’une journée mitigée.

« Il a parlé de déconfinement le 11 Mai, vous allez voir, on va tous l’attraper en sortant, ça va être la catastrophe...etc, etc... »En attendant, on était le 14 Avril quand j’ai entendu ces prophètes de malheurs, et j’avais envie de leur crier « mais aujourd’hui, vous êtes à l’abri et en bonne santé, pas comme ceux qui luttent de tous côtés au péril de leur vie, alors, profitez-en, personne ne connaît les procédures qui vont être mises en place (malgré « l’ami bien placé » que tout le monde cite comme source irréfutable…), donc inutile d’avoir peur de ce qui n’existe pas encore !

Trêve de balivernes, je veux revenir sur un bonheur simple, tellement simple qu’on ne le vit pas comme un bonheur , justement. Ce matin, comme souvent en ce moment, même si je me refuse à tomber dans l’excès et me changer des pieds à la tête dès que je sors le museau, j’ai fait une lessive. Tellement banal. Mais les derniers mois de 2019 ont été très durs pour moi, à tel point que j’ai dû être hébergée de longues semaines dans une cave (je remercie tous les jours d’avoir retrouvé un chouette logement juste avant le confinement!). J’ai vécu cette situation le coeur léger, convaincue que c’était la seule solution possible pour surmonter les conséquences de l’arnaque immobilière dans laquelle je m’étais fourré, tout en préservant ma libraire chérie. Le retour à la normale a été symbolisé pour moi par l’acht du lave-linges dont une amie devait impérativement se défaire, because installation avec son chéri ! Toutes ces choses qui nous semblent évidentes, naturelles, comme allant de soi, et que l’on fait sans même y penser, mécaniquement ou de mauvaise grâce. Moi ? Chaque lessive est redevenu une fête. En plus il joue quelques notes de musique toutes guillerettes au démarrage et à l’arrêt, c’est comme s’il partageait ma joie ! Alors, il coule un tout petit peu, mes enfants ont dû mal serrer derrière et j’ai peur de faire plus de mal que de bien en allant y voir, cela a été l’occasion de redécouvrir les VRAIES serpillères artisanales en coton de mon enfance, quand avec maman on se mettait à deux pour les tordre, moyennant quoi ça se passe bien en attendant que le plombier attendu pour faire des travaux dans la douche puisse regarder. Je le remplis presque religieusement, puis je le regarde tourner quelques instants, émerveillée par cette magie. Un bonheur on ne peut plus simple, mais vraiment authentique.

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Je pense que c’est ce que je garderai de ces moments étonnants que nous vivons : l’authentique, l’essentiel, le naturel, le vrai, dans tous les domaines de ma vie. Cela me guidait déjà depuis longtemps, mais je pense que je ferai encore moins de compromissions, et que j’écouterai mieux mes besoins.

Je m’aperçois que j’avais déjà évoqué sur mon blog notre machine à laver en plein désert, c’est drôle, aurais-je une histoire avec les lave-linges ? Il me revient quelques épisodes savoureux, tous liés à ce matériel high tech indissociable de nos routines quotidiennes, enfin, jusqu’à ce qu’il nous manque, un peu comme tous ces « petits » métiers auxquels on ne pense jamais et qui soudainement se révèlent capitaux. Sachons retrouver du bonheur dans tous ces petits gestes , ces « corvées », ces routines…

Effectivement, quand j’étais petite, laver son linge était une toute autre affaire. Le confort moderne gagnait peu à peu les premiers foyers, et je me souviens de l’arrivée de notre premier réfrigérateur, puis , je devais avoir 8 ou 9 ans, l’installation de notre première machine à laver. Avant, maman oeuvrait à la buanderie, avec une grande lessiveuse dans laquelle on « touillait » le linge sale avec un grand bâton dans de l’eau bouillante savonneuse. Pour terminer, comme l’aurait dit le cher Elie Kakou, « tu rinces, tu rinces, tu rinces…. ». Epuisant ! Autant vous dire que nous étions tous réunis le jour de la livraison, infiniment respectueux du déballage de l’engin puis de son installation, entourant maladroitement le technicien comme un chiot se faufilant entre nos pattes. Petite démonstration, « vous avez compris ? », « bien sûr », répondit maman (cela doit remonter à cette époque que je ne me lance jamais avant d’éplucher le mode d’emploi…), qui se vantait de son intelligence supérieure lui permettant d’assurer en toutes circonstances mais qui nous a valu pas mal de déboires. Le brave homme reparti, après un bon café, maman fonça chercher les costumes de papa, puisqu’il avait bien dit que tout pouvait être lavé à la machine. Nous étions une famille nombreuse avec de petits moyens, donc papa avait DEUX costumes, un pour l’hiver, un pour l’été, que maman entretenait soigneusement pour les faire durer le plus possible. Voilà le tout dans le tambour, une dose de lessive, et l’aventure a pu commencer. Le choix des températures était très limité, donc tant qu’à faire, autant choisir bien chaud pour nettoyer à fond. Et nous sommes tous restés pour admirer le travail. C’était quand même un peu longuet, on faisait des allez et venues, mais finalement, après ce qui ressemblait à une crise d’épilepsie et quelques derniers soubresauts, la machine s’est immobilisée et maman s’est jeté sur elle pour en extraire triomphalement les costumes. Enfin, costumes, c’est vite dit. Et le triomphe a été de courte durée. En effet, mettre de la laine à 90 ), vous me comprenez ? Donc notre mère brandissait dorénavant 2 vestes taille environ 10 ans, et deux bermudas effrangés ! Enfer et damnation. Je vous laisse imaginer la stupeur de maman tenant à bout de bras le reste des précieux costumes en lambeaux, la colère de mon père, et la franche rigolade de nous quatre, solidarisés par l’événement ! Du coup, maman en a gardé une crainte respectueuse de toutes ses machines, et ne lavait presque rien dedans, gérant 2 bacs à linge distincts Tout ça pour ça ! J’avoue que la simple visualisation de ces costumes pour garçonnet continue de me mettre en joie, même aujourd’hui, j’essuie quelques larmes de fou-rire en écrivant...

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