17 Avril 2020

Je progresse tous les jours, ah, ah ! J’ai fait des pois cassés et je n’ai PAS cramé la casserole. Mon mari disait « chaque fois qu’Elisabeth fait des pois cassés, on est bon pour racheter une casserole ! ». Eh bien, pas cette fois, tra la la lalère!

Nutrition

Trêve de plaisanterie, je remarque que je mange mieux, normal, à la boutique le déjeuner était un plat cuisiné expédié en 2 temps 3 mouvements, et surtout plus calmement, plus paisiblement, plus en conscience, savourant le goût, les arômes (ma grande amie est en train de récupérer peu à peu ces 2 sens, ça nous a fait réfléchir…), les textures, les couleurs. Au décès de mon mari, je m’étais obligée à continuer de dresser une jolie table, avec nappe ou set (j’en ai toute une collection rapportée de mes voyages), serviette en tissu, jolie vaisselle, ça fait partie des repères qui m’ont soutenue j’en suis sûre. C’est à la fois si simple et réconfortant.Et devinez ? La carte d’Ho’oponopono que j’ai tirée ce matin dit textuellement « Tous les secrets de la vie sont inscrits dans la simplicité ». Encore un petit rappel des derniers mots de ma maman « ma chérie, quel temps perdu, la vie pourrait être si simple, il n’y a que l’amour qui compte »...Elle m’a fait là un immense cadeau avant de nous quitter.

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Un moment très fort pour moi hier soir, quand j’ai regardé « Les grands esprits » sur la 3. Ce film m’a reconnecté avec un de mes essentiels : transmettre la soif d’apprendre, l’amour de la lecture, le goût de la connaissance. Ce film gentillet partait d’une idée amusante,  un prof agrégé d’un des plus grands lycées de France et assez imbu de sa personne...) propulsé en établissement sensible dans une banlieue en souffrance. C’était traité avec beaucoup de sensibilité, sans trop céder à la caricature, et cet enseignant se révélait très attachant, retrouvant une pugnacité oubliée pour donner toutes leurs chances à ces enfants malmenés par le système. Même si je suis un peu resté sur ma faim, le générique m’a surprise les larmes aux yeux. Comme je vous le raconte plus bas, j’ai financé toutes mes études en donnant des cours à des enfants défavorisés, et j’ai gardé intacte ma passion pour ces jeunes. J’ai toujours dit que ma dernière tranche de vie leur serait consacrée, par des cours de soutien, ou lors d’ateliers de contes ou de lecture, voire de théâtre, enfin, je ne savais pas la forme que cela prendrait, mais c’était une évidence. Et hier soir, j’ai retrouvé cet élan qui m’a fait penser « et si c’était maintenant, comment puis-je relier cela à Personnali’Thé ? » ! Est-ce pour cette entreprise que je ressens si fort en ce moment le besoin de m’intérioriser et de réfléchir ? C’est une piste, je me sens ailée et joyeuse, le puzzle de ma vie continue de se compléter, c’est merveilleux. A suivre...

Quelques précisions sur cette période de ma jeunesse consacrée à l’enseignement. Vous connaissez mon enthousiasme à vous présenter mes livres favoris, vous expliquer le fonctionnement des élixirs floraux, le pouvoir des pierres, etc...Depuis toute petite, j’adore transmettre. Mon père disait en rigolant que j’aurais pu apprendre le russe à quelqu’un sans en connaître un traître mot. C’est vrai, d’ailleurs les meilleurs coachs sportifs ne sont pas forcément d’anciens grands sportifs. Et j’avais très tôt remarqué qu’en essayant de faire comprendre des notions à quelqu’un en difficulté, cela m’obligeait à clarifier, trouver d’autres voies, d’autres mots, bref, cela me faisait également beaucoup progresser, c’était gagnant-gagnant. C’est ainsi qu’à 17 ans j’avais été repérée par une enseignante qui n’arrivait à rien avec sa nièce, et que j’avais remise sur les rails. Elle m’a ainsi fait engager par son collège pour donner des cours de soutien à des petits groupes, de la 6° à la 3°. Pendant mes premières années d’études, j’assurais jusqu’à 18 heures de cours, gagnant peu à peu le respect des enseignants, des vrais, eux, qui ne pouvaient que constater les résultats obtenus. Je faisais déjà ce que je fais aujourd’hui, j’écoutais ces enfants, dont certains avaient vécu des choses très dures. J’avais hérité d’un gamin en particulier, Bernard de son prénom, que tous les profs s’étaient refilé comme une patate chaude jusqu’à le cantonner dans une de ces classes de transition, où l’on se contentait de faire attendre les fameux 16 ans symboles de liberté. Indiscipliné, il l’était ! Insolent, il l’était ! Bordélique, encore plus ! Avec ça, totalement incapable de se concentrer, de même que sa sœur, une classe derrière, également dans l’incapacité de tenir assise plus de 10 minutes. Folklorique. Quand je me suis renseigné sur leur histoire, il s’est avéré qu’ils avaient trouvé leur grand-père pendu et avaient dû tout gérer avant de trouver leur père au bar. Ah, le père ! Gentil, hein, mais confit dans le regret de ne pas être devenu le nouveau Louison Bobet . Ce que serait son fils, à n’en pas douter. Donc, dès que je demandais à le rencontrer du haut de mes 18 – 19 ans, nous entamions des dialogues surréalistes : 

« Quel dommage que Bernard n’arrive pas à se poser, il a de réelles qualités et pourrait vraiment progresser » - « c’est exactement ce que je lui ai dit à la course de dimanche, au lieu de sprinter, il papotait en danseuse avec ses potes en queue de peloton » « Oui, mais il est vraiment intelligent, et pourrait faire des études » « « tout à fait, s’il arrive à se faire repérer par un sponsor, on entendra parler de lui ! », etc, etc...Le papa avait un vélo dans la tête et le gosse ne demandait qu’à s’amuser. Alors j’ai ramé, ai trouvé peu à peu ce qui l’intéressait, et ses résultats se sont améliorés progressivement, tant et si bien que je l’ai encouragé à passer l’examen pour repasser en seconde « normale » (toujours sans l’appui du paternel qui ne s’occupait que du calendrier des compétitions, mais il a accepté de signer distraitement la demande, ouf!). Mon élève tout fier me montre ses brouillons, et nous attendons sereinement le verdict : collé ! Incompréhensible. Je ne vous dis pas la révolte du gamin, j’ai demandé à ce que l’on me produise les copies, rien à faire, quand on est en transition, on y reste. Je ne décolérais pas, et Bernard recommençait les conneries. Jusqu’à une, le ciel m’en est témoin, que j’ignorais mais il y a prescription maintenant : il est allé forcer l’armoire où était entreposé le corps du délit, et m’a rapporté son travail qui avait en fait recueilli 18 de moyenne. J’ai ainsi compris que quand on est en transition, on y reste, et toute notre agitation avait beaucoup dérangé. J’ai donc pris mon Bernard par la main, les copies de l’autre (dûment photocopiées…), et suis allé voir le chef du jury pour solliciter courtoisement des explications, sûrement une erreur de transcription, et bien sûr faire s’excuser le gosse qui avait trouvé l’armoire ouverte et n’avait pas résisté...Il n’a pas été dupe, mais sa posture était indéfendable, donc justice a été rendue, et Bernard a pu intégrer une seconde scientifique. J’étais fière de lui, oui, mais le plus important était qu’IL était fier de lui ! J’ai gardé plus de 40 ans les fleurs en plastique que m’avait offert le groupe à la fin de cette année-là. Puis nos routes se sont séparées, il n’avait plus besoin de moi, je consacrais encore plus de temps à mes études et je me suis fiancée. Le jour de mon mariage, à la sortie de l’église, qui je vois ? Un très beau jeune homme que j’ai eu un peu de mal à reconnaître, et qui m’a glissé qu’il était en 2° année de médecine ! Un moment très fort pour moi, en cette merveilleuse journée pleine d’émotions, le sentiment d’avoir été utile ne serait-ce que pour UN enfant...Et cette envie ressentie dans mon ventre à la fin de ce film hier au soir était de même nature, je pense que la boucle sera bientôt bouclée….

Je vous souhaite une agréable après-midi, protégez-vous !

 

 

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